L’essentiel en bref

  • L’initiative exige de baisser drastiquement la redevance radio-TV de 335 francs aujourd’hui à 200 francs par ménage.
  • Tout en libérant complètement les entreprises de cet assujettissement.
  • Cette double exigence serait directement inscrite dans la Constitution fédérale et la SSR/SRG ne pourrait financer que des « programmes qui fournissent un service
    indispensable à la collectivité ». Une formulation vague qui autoriserait des coupes étendues.
  • De facto, l’initiative est loin de n’être qu’une simple réduction de la redevance.

Aujourd’hui déjà, le diffuseur national doit appliquer des programmes d’économie sévères : le Conseil fédéral a décidé de baisser la redevance par ménage à 300 francs et d’en libérer une grande partie des entreprises. D’où, pour la SSR/SRG, un manque à gagner de 270 millions de francs (env. 17 % de son budget actuel) d’ici 2029 avec, pour conséquences, des coupes dans la programmation et dans le personnel : 900 plein-temps seraient supprimés, plusieurs émissions importantes et très appréciée ont déjà été suspendues.

L’initiative SSR obligerait l’entreprise de service public à économiser env. 750 millions supplémentaires par an, ce qui lui fait dire clairement qu’un budget aussi bas ne permettra pas de maintenir tant la structure fédéraliste que le quadrilinguisme ou la programmation actuelle. Elle devra fermer des studios régionaux, de nombreuses émissions seront suspendues et des milliers d’autres postes biffés. La pilule sera particulièrement amère pour la Suisse romande, le Tessin et les régions romanches. L’initiative SSR ne propose aucune réforme sérieuse : c’est une attaque frontale contre le service public médiatique. Elle sabote la formation démocratique de l’opinion, la diversité linguistique et culturelle de la Suisse et nous affaiblit à une époque où des informations fiables et des médias forts sont plus importants que jamais. Elle risque d’amputer massivement l’offre en information, la culture, les comptes-rendus sportifs et régionaux, dans toutes les langues du pays. Cette initiative met en danger notre démocratie et la cohésion de notre société.