Cela fait maintenant dix ans que les partis bourgeois marquent de leur empreinte la politique cantonale bernoise, et le résultat laisse sceptique. Le contexte général pour la population et l’économie ne s’est pas amélioré, loin de là : des services publics majeurs ont été supprimés ou différés, dans les domaines de l’accueil des enfants, de la protection climatique et de la santé mentale, par exemple. « Le démantèlement pratiqué à tout va ces dernières années a laissé des traces manifestes et dissipé tout doute : en rognant sur les prestations et les investissements, on s’expose au risque de voir les coûts augmenter par la suite. Ce n’est en aucun cas une politique financière durable au service d’un canton où il fait bon vivre », estime Rahel Ruch, qui représente les Vert-e-s au Grand Conseil.

En 2025, le canton avait affiché un excédent budgétaire de 873 millions de francs, autofinancé la totalité de ses investissements et neutralisé l’application du frein à l’endettement. Aujourd’hui, changement brutal de discours : l’heure est à l’assombrissement des prévisions, alors que ces dernières années, des excédents de plusieurs centaines de millions étaient annoncés. Une telle politique financière est incompréhensible et ne saurait correspondre à un choix d’avenir : « L’heure est venue d’investir de façon ciblée dans le futur. Nous avons besoin d’écoles de qualité, de services de garde d’enfants abordables, de transports publics performants et d’un véritable allègement de la charge de primes et de loyers qui pèse sur la population. Voilà comment le canton peut consolider durablement sa position », affirme Tanja Bauer (PS), membre du Grand Conseil. Il faut par ailleurs ménager le personnel cantonal. Le PS et les Vert-e-s s’opposent aux réductions budgétaires prévues en matière de progression des traitements (1.1 % au lieu de 1.3 % pour les mesures salariales individuelles) et s’engagent à préserver des effectifs suffisants. 

Soulager efficacement la population, investir dans la formation et la protection climatique

« Les baisses d’impôts mises en œuvre à ce jour n’ont pas résolu les principales difficultés financières que rencontrent les Bernoises et les Bernois. En effet, les primes d’assurance-maladie, les frais de santé et les loyers ne cessent d’augmenter », comme le souligne Lena Allenspach (PS), membre du Grand Conseil. « Pour soulager quelque peu la population, il faut agir là où le pouvoir d’achat est réellement mis à mal, et non concéder des cadeaux fiscaux forfaitaires. » Le PS et les Vert-e-s s’engagent ainsi à alléger de façon ciblée les primes d’assurance-maladie et la participation aux coûts des soins, ainsi qu’à prendre des mesures pour contrer la hausse des loyers et des frais d’accueil des enfants. 

Impossible de garantir la solidité du système éducatif et la prospérité des entreprises sans disposer de personnel enseignant et d’écoles de qualité en nombre suffisant, et sans assurer l’égalité des chances. Au lieu de se désengager de la formation et de la garde d’enfants, Berne doit justement investir dans ces secteurs. Proposer des places en crèche à des tarifs abordables est la clé pour permettre aux parents de concilier vie professionnelle et vie familiale, et consolider ainsi la position de l’ensemble du canton. Même constat si l’on veut protéger le climat : refuser d’investir aujourd’hui, c’est là encore s’exposer à payer plus demain. « L’été caniculaire que nous subissons vient de nous le rappeler : le canton de Berne doit intensifier ses efforts pour réduire les émissions de CO2 et atténuer l’impact de la crise climatique », affirme Fredy Lindegger (Vert-e-s), membre du grand Conseil. « Pour y parvenir, il faut enfin se décider à mettre en œuvre le Green New Deal de 2022, à définir un plan d’action Climat et à investir dans l’adaptation au changement climatique ainsi que dans la biodiversité. »

Délester le facteur travail et imposer la fortune de manière équitable

Selon Thierry Gagnebin (PS), qui siège au Grand Conseil, « une juste politique fiscale se caractérise par le fait que chacune et chacun participe à la vie de la communauté en fonction de sa capacité contributive ». Il faut donc rectifier le tir : alléger la charge fiscale sur les revenus du travail et mettre davantage à contribution les grandes fortunes et les hauts revenus de capitaux. « Cela nécessite de limiter la concurrence fiscale, aux effets malsains, et de taxer plus lourdement les fortunes et les successions. C’est le seul moyen de promouvoir une plus grande équité fiscale et de soulager efficacement les foyers aux revenus modestes et moyens.

Le PS et les Vert-e-s du canton de Berne réclament par conséquent des priorités budgétaires claires pour 2027 : investir dans la formation, dans le pouvoir d’achat et dans la protection du climat plutôt que maintenir le cap actuel de coupes budgétaires et d’allègements fiscaux. Après une décennie de majorité bourgeoise, il est grand temps de changer d’approche.